L'Élargissement
6. Les défis
Le concept de capacité d'absorption de l'Union européenne a été introduit au sommet de Copenhague en juin 1993, “La capacité de l'Union à absorber de nouveaux membres tout en maintenant la dynamique de l'intégration européenne est une considération importante dans l'intérêt général de l'Union et des pays candidats.”
Un débat plus approfondi sur la capacité d'absorption de l'UE a été ouvert après l'élargissement de 2004, déclenché par la possibilité d'élargissements futurs et par le rejet du Traité constitutionnel par la France et les Pays-Bas en mai 2005.
La capacité d'absorption de l'Union européenne signifie son aptitude à continuer à se renforcer alors qu'elle s'élargit. Il s'agit de savoir si l'UE peut encore accueillir de nouveaux membres à un moment donné sans compromettre ses propres objectifs politiques et stratégiques.
La capacité d'absorption désigne en fait la capacité du marché intérieur, du marché du travail, du budget, de la zone euro et du système institutionnel de l'UE à absorber de nouveaux Etats-membres, la capacité de la société à absorber l'immigration et la capacité de l'UE à assurer sa sécurité stratégique (Source: CEPS, No. 113, Sept. 2006, Just what is this ‘absorption capacity’ of the European Union?).
Les citoyens de l'UE – et certains gouvernements – ont ressenti une lassitude de l'élargissement après le super élargissement de dix Etats membres. Aux yeux de la Commission européenne, ce sont d’abord les Etats membres qui doivent assumer la responsabilité et faire comprendre à leur population que l'élargissement est dans l'intérêt de l'UE.
Dans les pays qui font actuellement partie du calendrier d'élargissement – les Balkans occidentaux et la Turquie - l'attraction de l'UE contribue à la stabilité et encourage d'importantes réformes politiques et économiques. Mais le poids des réformes nécessaires peut devenir décourageant pour les pays candidats et entraîner une lassitude des réformes et même un ressentiment face à l'UE et au processus d'intégration.
De plus, les pays et les régions elles-mêmes doivent encore faire face à de nombreux et grands défis dans leur développement interne. Dans les Balkans occidentaux, les priorités sont les aspirations européennes de la Serbie, le renforcement des institutions en Bosnie-Herzégovine et une meilleure gouvernance dans l'ancienne République yougoslave de Macédoine, en Albanie et au Monténégro ainsi que la stabilisation du Kosovo. En Turquie, les défis incluent la poursuite des principales réformes nécessaires pour consolider les droits et libertés fondamentaux et l'équilibre entre laïcité et Islam.
Le soutien public joue un rôle essentiel dans le processus d'élargissement – à la fois dans les Etats membres et dans les pays candidats et potentiellement candidats. La Commission a insisté sur l'importance de maintenir la visibilité et la crédibilité des perspectives d’adhésion des candidats ainsi que de rallier le soutien des Etats membres à l'élargissement : il faut trouver un équilibre entre "la consolidation des engagements, une conditionnalité juste et rigoureuse et une meilleure communication avec le public combinés à la capacité de l'UE à intégrer de nouveaux membres".
Le rythme auquel un candidat ou candidat potentiel s'approche de l'UE reflète le rythme de ses réformes politiques et économiques aussi bien que sa capacité à assumer les droits et obligations de l'adhésion.
La Commission affirme qu'elle travaille à améliorer la qualité du processus d'élargissement en s'attaquant aux réformes du système judiciaire et de l’administration publique ainsi qu’à la lutte contre la corruption plus tôt dans le processus, en appliquant au mieux les feuilles de route et en rendant le processus plus transparent.
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Chapters
- 1. La politique
- 2. Le processus
- 3. Le calendrier
- 4. L'assistance financière
- 5. Résultats interpersonnels
- 6. Les défis
- 7. Key policy makers and contacts