La politique Européenne de Voisinage
5. Les défis
Depuis le lancement de la politique européenne de voisinage en 2004, d’immenses efforts ont été déployés pour la mettre en oeuvre. Il a d’ailleurs été dit que si la politique européenne de voisinage n’existait pas, il faudrait l’inventer. L’Union a tout simplement besoin d’une politique commune pour négocier avec ses nombreux voisins – une population qui représente environ 280 millions de personnes.
Cependant, le rapport de la Commission européenne de décembre 2006, Renforcer la politique européenne de voisinage relève que : “La plupart de nos pays voisins ont considérablement progressé durant ces dernières années au niveau des réformes économiques et politiques… Certains partenaires ont fait des plans d’action la pièce maîtresse de leur stratégie de réformes nationales et des institutions financières internationales (IFI) alignent aussi leurs politiques sur ces plans d’action. Quoi qu’il en soit, la pauvreté, le chômage, des résultats économiques mitigés, la corruption et une gouvernance déficiente demeurent des défis majeurs”.
En outre, les problèmes dans le voisinage de l’UE “risquent d’avoir des répercussions majeures sur l’UE, notamment en termes d’immigration clandestine, de non-fiabilité des sources d’approvisionnement énergétique, de dégradation de l’environnement et de terrorisme”.
La question des visas, le rôle de l’UE dans la résolution de conflits persistants dans certaines régions (le Caucase du Sud, le Moyen-Orient, et la Moldavie) et la libéralisation des échanges font partie des faiblesses largement reconnues de la PEV.
Le caractère sur mesure de cette politique fait que les résultats sont forcément mitigés et difficilement comparables. La PEV est essentiellement une série d’accords bilatéraux façonnés pour s’adapter à une grande variété de pays et de circonstances, ce qui parfois suscite tension et jalousie. , y compris au sein des Etats membres de l’UE, dans la mesure où les pays de l’Est trouvent plus important de soutenir les voisins de l’est que ceux du sud et vice versa. Les pays qui étaient déjà engagés dans un processus de réforme ont fait le plus de progrès dans le cadre de la PEV, et ceux qui avaient un programme de réformes inexistant ou faible ont aussi fait peu de progrès dans le cadre de la PEV. Selon certains, la « carotte » d’une éventuelle adhésion n’existant pas rend cette politique moins efficace.
Pour remédier à certains de ces problèmes, un think-tank bruxellois a suggéré de regrouper les pays de la PEV. L’UE pourrait créer un ensemble plus cohérent de politiques de voisinage pour chaque région. Quatre groupes de voisins, basés sur leur proximité territoriale et leur homogénéité, pourraient être envisagés : l’Europe de l’est, le Caucase du Sud, le Moyen Orient et l’Afrique du Nord. Reassessing the European Neighbourhood Policy de l’EPC et ENP Two Years on: Time indeed for an ’ENP plus’ du CEPS. Suivant cette conception, la coopération régionale et l’intégration seraient complétées par le modèle global de la PEV, et des mesures incitatives ainsi que des récompenses offertes par l’UE pourraient être conçues pour la région entière.
Dans son discours d’ouverture lors de la Conférence sur la politique européenne de voisinage, qui s’est tenue à Bruxelles en septembre 2007, la commissaire chargée des relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner a mis en avant les domaines clés dans lesquels l’UE cherchait à renforcer la PEV pour l’avenir : l’intégration économique, la mobilité, l’énergie et l’assistance technique et financière.
L’objectif de l’UE est de conclure avec ses voisins des accords de libre échange approfondis et complets allant au-delà de la seule question des droits de douane et s’attaquant aux enjeux “dépassant les frontières” ainsi qu’au domaine des services et des investissements. “Nous avons besoin de nous assurer que tous les produits, qu’il s’agisse de matériaux de construction, de jouets, de pommes de terre ou de médicaments, y compris ceux qui présentent le plus d’intérêt pour nos voisins, peuvent réellement rejoindre nos marchés sans être stoppés par des normes phytosanitaires, de qualité ou de sécurité.”
L’UE estime que des marchés de l’énergie intégrés sont une chance pour tout le monde – pays producteurs, de transit ou consommateurs. Au niveau bilatéral, l’UE a passé des accords relatifs à l’énergie avec l’Azerbaïdjan, le Maroc et l’Ukraine. L’Union espère sceller des accords similaires avec l’Algérie et l’Egypte. “Un accord au niveau régional apporterait des avantages supplémentaires, tels que le renforcement de la concurrence, l’amélioration des normes relatives à l’environnement, à la sécurité sur une zone plus étendue et l’existence d’un cadre plus stable pour les investissements.”
L’UE est prête à accroître son assistance technique et financière aux partenaires de la PEV. Parmi les mesures proposées, l’attribution d’aides financières supplémentaires pour ceux qui progressent le plus rapidement vers leurs objectifs de gouvernance via le fonds facilités de gouvernance.
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Chapters
- 1. Contexte
- 2. La PEV aujourd’hui
- 3. Les partenaires
- 4. Le financement
- 5. Les défis
- 6. Key policy makers and contacts